Derniers articles

  • 4 qualités qui aident au rétablissement d’un trouble alimentaire

    Parfois, lorsque l’on souffre d’un trouble alimentaire, le découragement prend le dessus et nous ne sommes plus en mesure de voir toutes les qualités qui nous habitent et qui nous permettent de continuer à avancer. Nous ne voyons plus nos ressources : c’est comme si nous avions cessé de croire en nous-mêmes. Lorsque nous sommes dans cet esprit de découragement, et que nous n’arrivons plus à percevoir notre valeur, pour s’aider à prendre un pas de recul, il est intéressant de penser à ce que les personnes qui nous entourent (ex. familles, amis, collègues) auraient à dire à notre sujet. Comme je sais que cet exercice peut être difficile, je vous invite à l’instant à prendre 2 minutes pour penser aux qualités et aux forces que votre entourage vous attribue. Prenez le temps de prendre du papier et un crayon pour faire une liste de ces qualités et forces. Laissez ce papier à un endroit stratégique auquel vous avez accès facilement, pour pouvoir vous les remémorer dans les moments plus difficiles.

    Bien qu’il n’existe pas de recette magique pour entamer le chemin du rétablissement, certaines attitudes, qualités et forces peuvent vous aider à y parvenir. Rappelez-vous que vous n’êtes pas la maladie, mais plutôt une personne remplie de ressources, et qu’il vaut la peine de continuer à avancer pour se sentir mieux. Je remarque souvent, notamment sur la ligne d’écoute d’ANEB, que la majorité des personnes qui utilisent nos services possèdent ces qualités et forces, mais que la majorité d’entre elles semblent aussi les oublier, lorsque le découragement prend toute la place.

    Voyons-en quelques-unes ensemble.

    4 qualités qui aident au rétablissement

     

    • Le courage: Vous faites preuve de courage en demandant de l’aide et en disant quand quelque chose ne va pas.
    • La persévérance: Vous faites preuve de persévérance, lorsque vous avez des journées qui vont moins bien et que vous continuez à vous battre, que vous participez à vos rendez-vous psychologiques, médicaux et aux groupes de soutien, même quand cela vous semble difficile.
    • La confiance: Vous pouvez avoir confiance en vos capacités. Les différents professionnels, les membres de la famille ou l’entourage qui vous accompagnent sur le chemin du rétablissement sont là pour vous, pour vous aider à répondre à vos besoins. Vous pouvez leur faire confiance. La confiance peut également être dirigée envers le rétablissement en soi, car oui, il peut être accessible.
    • La compassion: Vous pouvez faire preuve de compassion envers votre situation, envers ce que vous vivez et les émotions que vous ressentez. Vous n’avez pas choisi d’être malade. Faites preuve de douceur envers vous-même dans les moments difficiles, n’oubliez pas que l’on ne recommence jamais à zéro, même quand vous avez l’impression de reculer.

     

    Une force primordiale qui aide au rétablissement

    Un autre élément important à prendre en considération, qui n’est pas nécessairement une qualité, mais davantage une force à développer sur le chemin du rétablissement est l’acceptation des émotions. Apprendre à vivre et à accepter les émotions qui vous habitent, dans le but de les comprendre et de travailler avec elles et non contre elles, est quelque chose de primordial pour se rétablir d’un trouble alimentaire. Les émotions sont puissantes, et inévitables, vous devez donc veiller à leur laisser de la place, afin de les laisser s’exprimer d’une façon saine. Ne vous laissez pas abattre en lisant ces lignes, car sachez que toutes ces qualités et forces sont des éléments qui peuvent s’apprendre, et qui souvent, demandent de la pratique. La perfection n’existe pas, alors gardez en tête d’être indulgent.e envers vous-même tout au long de ce chemin qu’est le rétablissement. Chaque pas compte, même si à vos yeux ils semblent petits.

    Sabrina Béliveau
    Diplômée en sexologie et intervenante au volet éducation et prévention chez ANEB

     

     

     

    Continuer à lire
  • Moi, mes rêves, mes projets

    Il est possible de se rétablir d’un Trouble Alimentaire (TA), j’en suis régulièrement témoin dans le cadre de ma pratique. Le rétablissement est un processus, une route sur laquelle il y aura des moments forts, des grandes victoires, mais aussi des obstacles et des défis.
    Je ne vous apprends rien en vous disant que, malheureusement, il n’existe pas de recette magique pour guérir d’un TA. L’essentiel est d’être encadré par un suivi thérapeutique et, suite à cela, les morceaux du casse-tête qui mèneront à la guérison varieront inévitablement d’une personne à l’autre. J’avais envie de vous parler d’un morceau de ce même casse-tête qui, à mes yeux, consiste en une puissante force sur le chemin qu’est la guérison d’un TA : renouer avec soi, ses rêves et ses projets.

    Je ne suis pas un TA

    Souffrir d’un TA, c’est passer des heures et des heures à obséder, compter, comparer, culpabiliser et j’en passe ! Un TA, c’est très prenant, mais surtout envahissant; un peu comme une tache d’encre qui fuit sur tout ce qui l’entoure. Et puis c’est tellement fatiguant de vivre de l’anxiété, de l’inconfort et du découragement que l’on finit par laisser aller des aspects de notre vie : les sorties juste pour le fun, les activités sportives, les soupers en famille, le chum, la blonde, les amis et bien d’autres choses.
    On perd aussi un peu le sens de ce qui nous fait du bien. De ce qui nous fait rire. De la connexion aux autres. De qui l’on est. Est-on devenu un TA sur deux pattes? Existe-t-il encore un « moi » derrière cette bête qui nous habite et qui nous prend tout ce que l’on a? La réponse est OUI! Mais il va falloir s’extirper un peu du TA pour tenter de prendre du recul. Accepter que notre réalité soit peut-être, pour l’instant, d’être aux prises avec un TA. Mais que derrière la maladie, il y a encore et toujours une personne, et que cette personne cherche à reprendre possession d’elle-même et de sa vie.

    Qui étais-je avant mon TA?

    Une façon de tenter de prendre un certain recul est de se remémorer qui l’on était avant le TA. Parfois, ce retour en arrière peut être douloureux et porteur d’émotions fortes. Pour certains, ce peut être aussi comme repenser à une ancienne vie qui n’a pas totalement été la nôtre. En même temps, c’est ce retour en arrière qui nous permettra de repenser à la dernière fois où l’on s’est senti bien, ce moment où l’on avait ri à en être plié en deux libre de soucis, ce voyage où l’on s’était réellement senti heureux et vivant.
    Et à plus petite échelle, quelles étaient les activités que l’on aimait et qui nous permettaient d’afficher notre personnalité et nos couleurs? Est-ce qu’on aimait dessiner? Jouer du piano? Faire de la photo? L’idée est de créer des moments où l’on renouera avec certaines de ces choses qui ne sont pas liées au TA mais simplement à SOI.
    Je fais habituellement face à une réticence considérable lorsque je propose de telles activités « thérapeutiques » à mes patients, mais faites-moi confiance, le résultat est à tout coup surprenant et inspirant.

    Ma vie après le TA

    Il y a la personne que l’on était avant le TA, mais il y a aussi – et surtout – celle que l’on souhaite et rêve d’être lorsque l’on sera libéré de la maladie. J’aime beaucoup l’exercice d’écriture qui nous permet de se projeter dans le futur en rédigeant deux textes distincts; un premier « quelle serait ma vie dans cinq ans sans TA » et un deuxième « quelle serait ma vie dans cinq ans si j’ai toujours mon TA ». L’idée derrière cet exercice est de prendre conscience de l’obstacle que consiste le TA face à des rêves ou des projets que l’on souhaiterait réaliser. C’est aussi l’occasion de forcer le TA à prendre moins de place en s’imaginant la liberté qui accompagnerait la guérison.
    Et pourquoi ne pas attendre que le TA soit complètement disparu pour investir dans nos rêves et nos projets? Leurs accorder davantage d’importance dès maintenant aura l’effet d’affaiblir l’emprise du TA sur nous en permettant de nous accomplir dans de nouvelles sphères.

    Se rétablir d’un TA est un processus complexe parsemé de hauts et de bas. L’idée est de cumuler le plus de morceaux possibles du casse-tête que représentera la guérison. Et tranquillement, on voit apparaître l’image…l’image du retour à soi-même et de la liberté. Renouer avec soi-même ainsi qu’avec ses rêves devient indéniablement une grande source de motivation pour guérir du TA. Et guérir devient à son tour la clé pour la réalisation de nos rêves.

    Dre Stéphanie Léonard, psychologue

    Continuer à lire